Depuis le 13 juillet, le Centre communautaire Bob Monette de la promenade Duford s’est illuminé. Une murale signée par des artistes en herbe de la Coalition des familles francophones d’Ottawa (CFFO) démontre que la créativité se puise aussi au cœur de la vie de jeunes ayant des besoins particuliers.
Il y aura 20 ans l’an prochain que la CFFO a vu le jour.
« Nous sommes la coalition des familles francophones d’Ottawa des personnes avec déficience intellectuelle ou handicap de développement », explique la présidente et la fondatrice, Mouna Saim Al Dahr. À l’époque de sa fondation, se souvient Mme Saim Al Dahr, « le manque de services francophones pour nos êtres chers était presque inexistant. Grâce au leadership des parents, nous nous sommes regroupés et nous nous sommes incorporés. »
Le fait d’être un organisme charitable permet ainsi la demande de subventions pour diverses activités. L’organisme a ainsi pu obtenir des sous de la part de la Ville d’Ottawa dans le cadre du programme À vos pinceaux comme l’explique France Bidal, responsable des activités proposées aux 14 à 21 ans et maman d’une fille de 18 ans, elle-même bénéficiaire des projets de l’organisme orléanais.
En ce qui concerne la murale représentant une nature éclatante aux mille et une couleurs, Mme Bidal mentionne qu’outre huit jeunes de la CFFO, « on a également eu huit autres jeunes artistes de la communauté, qui sont venus en tant que pairs soutenir les jeunes qui avaient des besoins particuliers. On voulait vraiment que ce soit une activité sociale; c’était beau de les voir se regrouper ensemble. »
« J’ai vu passer sur les réseaux sociaux les publicités concernant l’offre de subvention de la Ville d’Ottawa pour les projets de murales. J’ai tout de suite vu le potentiel que cela pouvait représenter pour créer un projet artistique inclusif dans la communauté », dit Melany Bahl, qui a créé la Communauté de Go?tArt Altruisme en partant du principe que « l’art peut contribuer à notre bien-être, mais aussi nous rapprocher les uns des autres. »
L’artiste, souffrant elle-même de maladies auto-immunes est d’avis qu’un projet comme celui de la murale représente bien plus qu’une simple œuvre sur un mur, mais plutôt une création collective, symbole d’un rapprochement entre différents acteurs de la communauté.
Alors que certains pourraient voir dans ces jeunes atteints de trisomie ou de déficience intellectuelle un handicap supplémentaire pour réaliser un tel projet, au contraire, Mme Bahl pense plutôt au mot « possibilité » plutôt que d’être obnubilée par le concept de limites. « Le plus grand défi est probablement de ne pas partir avec des idées préconçues sur ce qu’une personne peut ou ne peut pas faire. Chaque participant est différent, et il faut être capable de s’adapter à son rythme, à sa façon de communiquer et à ses besoins. »
Les idées d’activités semblent foisonner dans la tête des responsables de la CFFO. Sa présidente parle notamment d’avoir un kiosque au marché des fermiers d’Orléans pour leurs jeunes adultes ou encore d’offrir des cours de cuisine aux ados ou de planifier des matchs de foot.
Quant à Melany Bahl, elle est loin de fermer la porte à une autre collaboration avec la CFFO. Bien au contraire. « Nous avons récemment obtenu une autre subvention qui nous permettra de poursuivre notre collaboration avec la CFFO et de créer des espaces créatifs destinés aux proches aidants. » L’artiste franco-ontarienne pense notamment à l’idée de mettre sur pied des cafés-rencontres créatifs tout au long de l’année 2027. Il s’agit d’un projet qui sera rendu possible grâce au programme FrancoZone et à l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC).