L’automne canadien est peut-être la plus belle saison à cause de ses coloris magnifiques et de son fameux été indien qui demeure quelque peu énigmatique ou plutôt mal interprété par bien des gens.
Commençons par la beauté photogénique des immenses forêts canadiennes qui passent par la majorité des couleurs de l’arc-en-ciel entre le début septembre et la mi-octobre, selon les endroits et les espèces d’arbres locales.
Natif de la Champagne-Ardenne dans le nord-est de la France à proximité de la Belgique, je dois avouer que les forêts des Ardennes présentent aussi des panoramas spectaculaires, notamment dans la vallée très sinueuse de la Meuse, et aussi des teintes de couleurs magnifiques qui font rêver les peintres et les photographes amateurs, ainsi que les promeneurs et les randonneurs du dimanche.
Mais il faut admettre que les forêts canadiennes offrent une palette de couleurs encore plus variée et complète avec notamment les tons de rouge écarlate des érables qui font la renommée et la fierté du Canada. Ces arbres passent du vert au jaune et à l’orangé avant de virer au rouge vif et finalement au brun foncé juste avant la chute des feuilles due au froid soudain ou aux premières gelées nocturnes. C’est une véritable explosion de couleurs, notamment dans les Laurentides, sur l’Île d’Orléans, dans les Montagnes blanches et au nord de l’Ontario vers la Baie géorgienne.
L’automne est donc une saison touristique chargée, car les visiteurs viennent du monde entier pour photographier nos forêts aux coloris impressionnants et inimitables. Mais les touristes ont aussi tendance à confondre les couleurs automnales avec le fameux été indien qui survient généralement durant la deuxième moitié d’octobre ou au début de novembre, donc après la fin des magnifiques coloris d’automne.
C’est une période de beau temps ensoleillé et doux qui se produit après une première période de froid ou de gel. Le ciel est assez dégagé, les journées sont plutôt chaudes ou douces pour la saison et les nuits sont fraîches. Elle dure de quelques jours à une semaine avec des températures généralement supérieures à 20 degrés.
L’expression est apparue à la fin du XVIIIe siècle en Pennsylvanie. C’est un phénomène caractéristique du climat de l’Amérique du Nord (surtout au Canada et aux États-Unis). Il correspond à une période de temps doux survenant après les premières gelées ou les premiers flocons.
Le climat de l’Amérique du Nord est très propice aux contrastes thermiques. Ainsi, il n’est pas rare qu’une vague d’air froid soit suivie par un brutal redoux lors de l’automne. Lorsque l’air froid envahit l’ouest du continent, il provoque une remontée d’air chaud à l’est. Au Québec, on l’appelle « été des indiens ».
En France, l’expression a tout de même été popularisée en mai 1975 par Joe Dassin avec sa célèbre chanson qui exprime la nostalgie d’un amour passé. Si l’été indien ne s’applique pas vraiment à la France, c’est parce que son climat océanique et tempéré est nettement moins propice aux coups de froid précoces que celui du nord de l’Amérique.
La tradition française lui préfère l’expression équivalente d’été de la Saint-Martin pour désigner un radoucissement passager survenant à la même époque.
Profitons donc des belles journées automnales ensoleillées qui nous réchauffent encore le corps et le cœur avant l’arrivée des journées d’hiver glaciales qui ne manqueront pas de nous surprendre avant la période des Fêtes. À la revoyure!!