Solidement enracinée dans sa communauté orléanaise, Edith Gibeault est en poste depuis 27 ans au sein de la Financière Banque Nationale. Elle est une véritable source d’inspiration pour ceux et surtout pour celles qui veulent faire fructifier leur patrimoine.
Ce n’est pas parce que le 8 mars est passé que les projecteurs ne peuvent mettre en lumière le travail d’une gestionnaire de patrimoine de la trempe d’Édith Gibeault.
Après des études à l’École secondaire catholique Garneau, son parcours académique s’est poursuivi en finance à l’Université d’Ottawa.
Foncièrement engagée depuis plusieurs années au sein de sa communauté comme avec le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) lors de ses campagnes de financement, elle prend également une part active dans le Programme de mentorat pour jeunes femmes étudiantes de la Financière Banque Nationale. Ce programme vise à faire connaître la profession de conseillère en placement et à accroître la présence des femmes dans ce domaine. Deux heures par mois, elle reçoit une étudiante de l’Université d’Ottawa, afin de la mettre au parfum de son travail.
Après plus de 25 ans dans le domaine des finances, Edith Gibeault est une fine observatrice de l’évolution des femmes dans le monde financier, en particulier en ce qui concerne la gestion du patrimoine.
Quand on parle de gérer son patrimoine, l’Orléanaise ne parle pas nécessairement du bas de laine qu’on cachait jadis sous son oreiller. Elle parle d’actifs financiers de l’ordre d’au moins 500 000 $.
Bien que ce chiffre puisse paraître élevé pour certains, Mme Gibeault en est convaincue : les femmes gèrent davantage d’argent qu’avant. Et pas seulement le leur. Celui aussi de leurs parents, car souvent, elles sont aussi de proches aidantes.
Viser l’autonomie financière
La gestionnaire de patrimoine rêvait de faire carrière dans le domaine des chiffres, mais elle souhaitait aussi mettre de l’avant le côté humain dans sa profession. Avec la gestion de patrimoine, elle a les deux puisqu’en gérant les sous de ses clients, elle entre aussi quelque part dans leur intimité.
Si elle fait, bien sûr, affaire avec des hommes, de plus en plus de femmes font appel à ses services. Pour elles, « ça représente une sécurité. » Selon Édith Gibeault, les femmes restent plus prudentes dans leurs placements. En revanche, elle voit beaucoup plus de femmes investir plus tôt qu’avant dans leur vie adulte.
Certes, les femmes travaillent davantage à l’extérieur de la maison qu’il y a 60 ans, mais on parle aussi beaucoup plus d’économie dans les médias, car il y a plus d’argent en circulation.
Autre fait intéressant, contrairement à ce qu’on pensait, la philanthropie n’est plus l’apanage de la communauté anglophone. Selon Mme Gibeault, les femmes francophones sont de plus en plus philanthropiques.
Par contre, il y a un aspect un peu plus désolant pour elle dans le système d’éducation : alors que nos grands-parents ont connu les cours d’économie familiale, elle déplore que « les jeunes n’ont aucune idée comment gérer un budget. Ils veulent faire de l’argent rapidement, souvent pour imiter les influenceurs présents dans les médias sociaux. »
Pour celle qui prend tout de même le temps de jouer notamment au golf et au volley-ball malgré un métier prenant, elle a deux objectifs pour les années à venir. Premièrement, faire en sorte que son travail amène les femmes à s’intéresser toujours davantage à leurs finances, afin qu’elles acquièrent leur autonomie financière. Et deuxièmement, « je veux redonner à ma communauté; j’aimerais créer un organisme permettant d’aider les femmes à débuter dans le monde de la finance. » Gageons que ça ne prendra pas 27 ans pour réaliser tout ça.