2025 n’est pas encore terminée, mais les chiffres laissent présager qu’elle sera encore plus lourde que 2024 en ce qui concerne les besoins pour les banques alimentaires. À Orléans, comme ailleurs, l’insécurité alimentaire atteint un niveau critique.
En 2017, la Banque d’alimentation d’Ottawa rapportait environ 300 000 visites annuelles. En 2022, le Rapport sur la faim de cette même banque faisait état qu’un ménage sur sept avait recours à une banque alimentaire. En 2024, on parle d’un ménage sur quatre.
Ces chiffres sont corroborés par Julie Perkins, gestionnaire de programmes au sein du Centre de ressources communautaires Orléans-Cumberland (CRCOC).
Selon Mme Perkins : « En 2024, on a vu environ 12 000 individus, soit 3425 familles. Cette année, à la fin octobre, on a déjà dépassé plus de 13 000 individus, ce qui représente 3728 familles. » Et l’année n’est pas terminée : « On va certainement frapper les 15 000 individus, si ce n’est pas 16 000, d’ici décembre. »
Même son de cloche du côté du Centre de compassion communautaire (CCC), sur le boulevard St-Joseph, un organisme engagé à servir également les personnes et les familles d’Orléans, celles appartenant particulièrement au secteur K1C d’Orléans, en se basant sur les codes postaux. Selon les chiffres obtenus auprès d’Amy Porteous (Tosh), la coordonnatrice des communications au sein du CCC à titre de bénévole, c’est plus de 11 500 familles qui ont ainsi été aidées au cours des 13 derniers mois par cet organisme mis sur pied en 2019 notamment par l’Église pentecôtiste communautaire.
Mais derrière toutes ces statistiques, il y a aussi des visages de femmes, d’hommes ou d’enfants qui ont faim. « Chaque fois que nous ouvrons nos portes, de nouvelles personnes s’inscrivent pour obtenir de l’aide en matière de sécurité alimentaire », constate Amy Porteous. « De nombreuses familles sont en difficulté et n’arrivent tout simplement pas à joindre les deux bouts, la nourriture devient alors leur priorité en matière d’aide. Avec les pressions exercées pour obtenir des logements abordables et l’augmentation du nombre d’immigrants dans la région, les besoins continuent de croître d’année en année », analyse celle qui reçut en 2021 le Prix d’excellence de l’Association des diplômés de l’Université d’Ottawa.
Nourriture, argent et bénévolat
De l’avis de Julie Perkins, la communauté d’Orléans est « super généreuse ». Selon elle, l’essentiel des dons alimentaires pour l’année est reçu entre octobre et décembre pour l’année à venir. Il y a un soutien évident de la communauté, que ce soit à travers les écoles ou via les pompiers, les services policiers et les propriétaires d’épicerie.
Si les dons alimentaires demeurent essentiels, cela reste cependant insuffisant quand on souhaite proposer une nourriture saine et variée. « Quand on veut offrir des produits frais, c’est vraiment l’argent qu’il nous faut », précise Mme Perkins.
C’est d’ailleurs la raison de l’existence du programme de Noël 2025 comme l’explique son collègue Chad Chartrand, coordonnateur en communication et développement de fonds. Ce programme représente la plus importante collecte annuelle : « Les gens se sentent plus généreux dans le temps des fêtes, mais les besoins sont là 12 mois par année. »
La directrice du CRCOC, Jasmine Thibault tient à préciser que c’est le code postal qui permet de vérifier vers quelle banque alimentaire une personne doit être aiguillée. Mais surtout, avant de clore la rencontre qu’a eue L’Orléanais avec le triumvirat du CRCOC, celle-ci tient à rendre hommage au travail de son équipe et des bénévoles. « Notre équipe a beaucoup d’empathie. » À cela, il faut ajouter l’apport de la centaine de bénévoles qui fourmillent autour du CRCOC. « Le nombre d’heures de bénévolat réalisé équivaut à une équipe de six personnes à temps plein », assure la directrice reconnaissante.